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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 07:48

Impact du deuil périnatal sur la famille

 

Les réactions de la mère

 

Ce bébé, vous avez commencé à l’aimer dès votre test de grossesse positif et

les premiers symptômes de grossesse. Ce sentiment fut renforcé par les premiers

battements de son petit coeur, la première échographie et les premiers mouvements du

bébé. Vous avez probablement préparé sa chambre en rêvant aux heures que vous

alliez passer à le bercer et acheter ses petits vêtements en vous imaginant lequel lui

ferait le mieux. Son décès vient de détruire tous vos rêves. Votre bébé ne reviendra pas

à la maison.

 

Vous êtes effondrée, toute votre vie vient d’éclater, vous ressentez le vide en

vous, tant physiquement que psychologiquement. Vous pouvez vous sentir bousculée

par le flot d’émotions qui vous submerge. Vous pouvez ressentir de la culpabilité, de la

tristesse et de la colère en même temps. Vous pouvez même être apeuré par certaines

de vos pensées. Ne vous en faites pas, c’est normal, la douleur et l’angoisse

s’atténueront avec le temps et vous vous sentirez mieux. Pas tout de suite, mais dans

quelque temps.

 

Pour l’instant, votre douleur est vive et il faudra quelques mois afin que la plaie

se referme. Vous pouvez aussi ressentir des sentiments de colère envers votre conjoint,

soyez sans crainte cela passera. Le deuil entraîne une remise en question face au sens

de la vie et souvent c’est la mère qui en est le plus atteint, à cause de la proximité de la

grossesse

 

Les réactions du père

 

Les réactions du père sont différentes. En effet, en tant que père vous vivez la

grossesse plus en retrait et n’avez pas ce contact si privilégié qu’a la mère avec son

bébé. Vous vivrez peut-être plus ce moment dans l’action que dans l’émotion. En tant

que père et conjoint, vous aurez tendance à refouler vos émotions afin d’être là pour

votre conjointe et pouvoir gérer les décisions à prendre relatives aux dispositions du

corps de votre bébé. Pourtant, vous avez aussi besoin de soutien, vous aussi êtes

affecté par la perte de votre enfant. Donnez-vous du temps pour vivre votre deuil. En

tant que père, vous souffrez et vous avez besoin de temps pour vous remettre. De plus,

comme vous n’avez droit à aucun congé ou à très peu de congés payés à la suite du

décès du bébé, vous pouvez ressentir une non-reconnaissance de votre souffrance.

 

Témoignages

 

« Pour ce qui est du support des gens autour de moi, je ne me suis jamais senti compris.

J’avais l’impression qu’ils se disaient que je ne pouvais pas ressentir grand-chose, car je ne les

avais pas portés ou quelque chose du genre. Mais je souffrais et j’étais seul, car même ma

conjointe ne savait pas quoi me dire ou faire pour m’aider. Mon employeur m’a accordé les deux

jours pour le décès d’un proche et les trois jours pour la naissance d’un enfant qui sont donnés

par les normes du travail en temps ordinaire. Vous pouvez le demander si vous en avez besoin.

Je ne pouvais rester seul. J’avais besoin d’être là pour ma femme et j’avais besoin de sa

présence pour moi » (Joël, papa de Nikolaï et de Viktor décédés après leur naissance à

21 semaines de grossesse)

 

 

Le couple

 

En tant que couple, vous ne vivrez pas ce deuil de manière similaire, ni au même

rythme. Les réactions seront différentes d’un parent à l’autre. Dans la majorité des cas,

c’est la mère qui présentera des réactions plus fortes et plus intenses face au décès du

bébé. Prenez le temps de vivre votre deuil ensemble, de partager vos impressions, vos

émotions ressenties. Ne censurez pas les émotions vécues. Prendre des moments pour

votre couple peut contribuer à vous rendre plus fort.

 

Il se peut que l’un des conjoints tourne la page plus vite que l’autre, ce qui peut

entraîner un déséquilibre dans votre relation. Ce déséquilibre peut parfois amener des

frictions, car l’autre conjoint se sent laissé seul dans sa souffrance. Il se peut également

que vous ressentiez de l’éloignement l’un face à l’autre. Parlez-en, trouvez des solutions

ensemble. Votre plus grand défi sera de vivre votre deuil en respectant vos différences,

vos croyances et vos besoins. Vos différences en termes de réactions sont des forces et

la preuve d’un équilibre sain dans un couple. Aussi, il est possible que les moments

d’intimité avec votre conjoint vous effraient, vous culpabilisent, soyez patient, rien ne

presse. Vivez les moments d’intimité de façon graduelle, en respectant les limites de l’un

et l’autre.

 

Les autres membres de la famille touchés

 

Lorsque l’on parle de deuil périnatal, les conséquences et l’impact sur la famille

ne se limitent pas aux parents, mais aussi aux frères et soeurs du nouveau-né ainsi que

les grands-parents, la famille élargie et l’entourage immédiat de la famille.

 

Les frères et soeurs

 

Les réactions différeront selon l’âge des frères et soeurs. Les enfants de moins

de 2 ans n’ont pas vraiment de réactions liées au deuil. Ils ne comprennent pas le

concept de la mort, mais se rendent compte qu’il se passe quelque chose autour de la

famille. Soyez patients s’ils demandent plus d’attention, c’est leur façon de réagir.

Les enfants plus âgés, entre deux ans et cinq ans ont un concept de la mort plus

abstrait. Pour eux, la mort n’est pas un état permanent et ils croient souvent que la

personne décédée va revenir. À cet âge, il devrait y avoir une sélection dans les termes

utilisés pour expliquer la mort, car cela peut parfois les perturber. Par exemple, le fait de

dire que le bébé est au ciel peut rendre l’enfant confus, car il ne pourra le voir lorsqu’il

regardera dans le ciel. Ou au contraire lui expliquer trop en détail peut le rendre anxieux.

Allez-y selon le degré d’éveil de votre enfant, vous êtes les mieux placés pour évaluer

son niveau de compréhension. Si vous ne savez comment aborder le sujet, attendez

que les questions viennent d’elles-mêmes et répondez-y au fur et à mesure.

 

C’est vers neuf ans que le concept de la mort est vraiment établi et que l’enfant

reconnaît en la mort un état définitif, sans retour.

 

Les grands-parents

 

Le deuil des grands-parents est un deuil particulier. Ils vivent une double

souffrance. Celle de ne pouvoir voir grandir leur petit enfant et celle de voir leur propre

enfant souffrir. Ils voudraient tant apaiser la souffrance de leur fille ou de leur fils. Ils sont

souvent le principal soutien immédiat de la famille et, par moment, ils peuvent eux aussi

se sentir dépassés par les évènements, car ils ont eux aussi leur propre deuil à faire par

rapport au bébé.

 

L’entourage

 

Il se peut que votre famille et vos amis ne sachent comment réagir à votre perte.

Il est possible que certaines personnes agissent de manière maladroite, qu’elles n’osent

parler du bébé devant vous ou préfèrent faire comme-ci ce dernier n’avait jamais existé.

Ne les laissez pas vous réduire au silence. Parlez de votre bébé si vous en avez envie,

c’est votre droit. Peut-être aurez-vous à faire un tri dans vos relations, temporairement

ou de manière définitive, c’est à vous de voir. Certains préféreront se retirer d’euxmêmes,

trop mal à l’aise avec la situation, alors que pour d’autres, la situation ne

changera rien à votre relation et ils continueront à vous apporter soutien et réconfort.

 

 

Il se peut également que les grossesses et les nouveaux bébés qui arriveront

dans votre entourage après le décès de votre bébé vous rendent triste ou fâché. Ne

culpabilisez pas votre réaction est humaine, vous aussi vous auriez voulu votre bébé

auprès de vous. Respectez vos limites, ne vous forcez pas à aller voir de nouveaux

bébés si vous ne vous sentez pas prêts. Ne laisser pas les autres vous y forcer non

plus. Allez-y à votre rythme et bientôt vous recommencerez à vous réjouir devant

l’arrivée de ces petits trésors.

 

Témoignages sur l’impact du deuil périnatal sur la famille

 

« Pour mon conjoint et moi, la vie s’est arrêtée quand le coeur de nos jumeaux s’est

arrêté de battre quelques minutes après leur naissance. Nous pensions que nous étions les seuls

à vivre cette douleur. Mais, elle a aussi touché profondément ma mère, ma belle-mère, ma soeur

et ma fille de 4 ans. Elles ont toutes été profondément attristées de leur départ pendant plusieurs

mois. Elles venaient de perdre deux petits-fils, deux neveux ou deux frères attendus depuis si

longtemps. De plus, nous devions tous faire le deuil d’avoir dans notre famille des jumeaux, les

premiers. Sans leur aide et leur support de toutes sortes nous n’aurions jamais passé à travers

ce difficile périple. Leur peine nous prouvait que nous n’étions pas seuls à les aimer, à vivre cette

détresse. Notre fille de 4 ans a été profondément traumatisée par cet évènement, malgré son

jeune âge. Au travers des crises de larmes et des angoisses, elle a grandi plus que jamais. Elle a

compris ce qu’était la mort et l’amour au-delà du départ d’un être cher. Elle sera toujours la

grande soeur des jumeaux, comme nous serons toujours leurs parents, leur tante et grandsparents

dans notre coeur. Plusieurs n’ont pas compris notre peine et notre détresse pendant ces

longs mois, mais il faut penser à toutes ces merveilleuses personnes qui nous aiment tant, qui

nous ont soutenus durant cette épreuve. Nous avons découvert à travers le temps qui étaient nos

vrais amis. Leur départ nous a tous changé, nous a tous unis plus que jamais. » (Christine,

maman de Nikolaï et Viktor décédés après leur naissance à 21 semaines de grossesse)

«Après le décès de ma petite Amélia, j'ai découvert que mon chagrin et ma douleur s'apaisaient

plus facilement par l'écriture. J'ai décidé alors d'écrire un livre dans lequel je raconte à ma fille

toute ma grossesse et tous nos souvenirs et je me suis promis d'y écrire quand j'en sentirais le

besoin et ce, tout au long de ma vie. J'ai demandé à mes parents de lui écrire un petit mot et de

l'insérer dans son livre, et à ma grande joie mon père lui a écrit sa peine et ce qu'il ressentait par

rapport à son départ. Il m'a confié par la suite que ça lui avait aussi fait du bien, qu'il voyait la vie

autrement et que ça allait l'aider à mieux avancer. »(Marie-Claude, maman d'Amélia décédée in

utero à 26 semaines de grossesse)

 

La grossesse suivante

 

Il se peut que vous ayez un urgent besoin de devenir enceinte tout de suite

après votre accouchement et c’est très compréhensible. Par contre, nous vous

suggérons d’attendre quelques mois afin de bien amorcer votre deuil et donner à votre

corps un peu de repos à la suite de la grossesse. Le fait de devenir enceinte dans les

mois suivant le décès de votre bébé peut vous faire revivre les dates anniversaires plus

difficilement. Vous serez aussi exposé à vivre votre accouchement dans les dates de

l’anniversaire de naissance et de décès du bébé précédent, ce qui pourrait assombrir

quelque peu la naissance de votre futur enfant.

 

Il faut savoir également qu’une grossesse espoir peut être très angoissante et

exigeante. Vous aurez besoin de toute votre énergie. Attendre quelques mois avant de

devenir enceinte vous permettra d’être plus forte physiquement et mentalement afin de

mieux gérer la nouvelle grossesse

 

Témoignage

 

« Quand j’ai perdu ma petite Jolyanne, le vide dans mes bras était intolérable…je voulais

avoir un autre bébé à tout prix. Malheureusement, malgré tous nos essais, mon corps n’était pas

prêt. Les déceptions s’accumulaient mois après mois. Lorsqu’enfin j’ai eu mon test de grossesse

positif après plus de cinq mois d’essais, je suis tombée de haut… le sentiment de bien-être tant

anticipé pendant nos essais n’était pas là. Au contraire, la sérénité de mes grossesses

précédentes avait laissé la place à la peur et à l’angoisse. Je n’avais pas le goût de parler de ma

grossesse, j’étais replié sur moi-même. C’est à ce moment que j’ai compris que retomber

enceinte n’était pas la solution à la résolution de mon deuil. Je devais faire le travail seul, un

nouveau bébé n’arrangerait rien. Par contre, les mois passés avant mon test positif, m’ont permis

d’être plus forte physiquement et psychologiquement afin de mieux affronter cette grossesse et

toutes les peurs et angoisses qui l’accompagnaient. » ( Mélyssa, maman de Jolyanne, décédée

après sa naissance à 37 semaines de grossesse.)

 

Consulter ou non ?

 

Il se peut que vous ne ressentiez pas le besoin de consulter un psychologue ou

un travailleur social. Pour le moment c’est votre décision. Certaines personnes préfèrent

consulter immédiatement, d’autres plus tard dans leur cheminement de deuil et

finalement d’autres n’en ressentiront jamais le besoin. Il n’y a pas de règles chacun agit

selon ses besoins. Sachez par contre que, quelquefois, parler d’une situation difficile à

une personne qui n’est pas impliquée sur le plan émotif peut aider à voir plus clair dans

nos émotions et nos réactions.

 

Pendant votre séjour à l’hôpital, vous avez la possibilité de discuter avec un

psychologue. Vous pouvez faire part de votre souhait au personnel. Si toutefois le désir

se faisait sentir dans quelque temps, il sera toujours possible de contacter le service de

psychologie afin de prendre un rendez-vous. C’est gratuit et le nombre de séances est

illimité. Pour obtenir un rendez-vous, contactez le 541-1000, poste 1047.

Il est à noter que toutes personnes ayant des idées suicidaires ou tous

autres signes et symptômes dépressifs devraient consulter.
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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 07:44

Message de l’auteure aux parents

 

Chers parents, vous venez d’apprendre le décès de votre bébé et vous vivez

sûrement les pires moments de votre vie. Le décès de votre enfant vient de briser tous

vos rêves, les projets que vous aviez faits pour ce dernier. Votre désir d’être parents est

anéanti, votre bébé tant attendu ne reviendra pas à la maison, ne grandira pas à vos

côtés.

 

Au cours des prochaines semaines, vous serez aux prises avec diverses

émotions telles que la peine, la colère, l’angoisse et la révolte. Prenez le temps de les

vivre et de les exprimer, soit verbalement ou par écrit, car cela vous aidera à mieux vivre

le départ de votre bébé.

 

Pour l’instant, vous ne pouvez croire que la vie peut continuer, mais au fil des

mois à venir, vous passerez par différentes étapes qui vous feront cheminer dans votre

deuil. Petit à petit, vous irez mieux, les moments douloureux et les angoisses

s’atténueront et reviendront moins souvent, vous recommencerez à vous ouvrir aux

autres et vous réapprendrez à vivre malgré l’absence de votre bébé.

 

Chers Parents, j’ai écrit ce journal suite au décès de ma petite fille survenu

quelques minutes après sa naissance. Après la première année, j’ai senti le besoin

d’aider d’autres parents à traverser cette terrible épreuve. Cet ouvrage se veut un outil

de références et surtout un message d'espoir.

 

Sachez que nous vous offrons nos plus sincères condoléances dans ces

moments difficiles et nous espérons que ce journal d’accompagnement pourra vous

guider à travers cette épreuve.

 

Mélyssa Gravel, B.Sc inf 

 

 

Décès périnatal

 

Le décès périnatal est le décès d’un bébé en cours de grossesse jusqu’à sept

jours de vie. Passé ce cap, nous parlons de décès néonatal. Plusieurs causes peuvent

l’expliquer allant de la fausse-couche aux malformations d’origines diverses, en passant

par les maladies génétiques ou la très grande prématurité. Parfois le décès peut

survenir de manière inexpliquée, entraînant ainsi chez les parents une profonde

incompréhension.

 

Certains parents éprouvent une très grande culpabilité face à la mort de leur

bébé. Ils croient qu’ils auraient pu l’éviter. Ils cherchent des actions commises ou non

pendant la grossesse. Sachez que vous n’êtes pas responsables, vous ne souhaitiez

pas la mort de votre bébé.

 

 

 

En mémoire du bébé

 

Après votre accouchement, vous serez ébranlé. Peut-être ne saurez-vous pas

comment réagir et c’est normal. Le personnel de l’unité d’obstétrique sera là pour vous

guider. Peut-être ressentirez-vous le besoin de voir votre bébé, peut-être que non.

Sachez que le choix vous revient et qu’il n’y a pas de bonne ou mauvaise décision.

Par contre, voir le bébé, le prendre dans ses bras, lui donner un nom et le

garder avec vous quelques heures sont des moments intimes avec votre enfant qui ne

reviendront plus. Ces moments peuvent vous aider à mieux vivre son départ.

Votre bébé demeure auprès de vous aussi longtemps que vous le désirez.

 

Certains parents ont voulu prendre une photo de famille avec leur bébé, lui mettre des

vêtements achetés pour lui, le laver et le bercer quelques heures. N’ayez pas peur d’être

jugés. Donnez-vous le droit de vivre ce moment comme vous le ressentez. Soyez à

l’aise avec les suggestions qui vous sont proposées et respectez vos propres limites.

Nous tenterons de vous aider à vivre ces moments d’intimité le plus facilement possible.

Une Cérémonie des anges en mémoire de votre bébé peut être faite en

présence de l’aumônier et votre famille peut y être inviter.

 

Le personnel de l’unité vous remettra également des souvenirs du bébé à votre

départ. À vous de voir si vous voulez les emporter maintenant ou si vous préférez

revenir les chercher plus tard. Le personnel les gardera sur l’unité pendant un mois.

 

 

Témoignage

 

Lorsque j’ai accouché de mon fils mort-né, nous avons passé une heure et demie avec

lui dans la chambre d’hôpital. Ces moments seront à jamais gravés dans ma mémoire. La

rencontre avec ce petit être, qui était tant attendu, a été merveilleuse. Nous l’avons bercé, nous

lui avons parlé, nous avons pris des photos et une mèche de cheveux. Nous avons vraiment pris

le temps de faire connaissance avec lui. Bref, nous étions des parents en amour avec leur fils,

malgré son décès. (Émilie et Daniel, parents de Nathan décédé in utero à 34 semaines)

 

Retour à la maison

 

C’est la période la plus difficile. Vous quittez l’hôpital les bras vides alors que

vous anticipiez tant ce retour avec bonheur. À ce moment, l’absence du bébé prend tout

son sens.

 

Le fait de retourner chez vous peut vous angoisser, surtout si tout était prêt pour

l’arrivée de votre bébé. Peut-être vous demandez-vous ce que vous ferez de ses petites

choses, de sa chambre ? Prenez votre temps. Certains parents préfèrent la garder

intacte, comme une preuve que le bébé a réellement existé. Ils s’y réfugient

régulièrement pour s’y recueillir et se sentir plus en contact avec leur bébé. Pour

d’autres parents, le besoin de défaire la chambre est urgent, essentiel à leur survie.

Chaque personne est unique et c’est pour cela qu’il est important de vous laisser un

temps de réflexion avant de prendre votre décision.

 

Témoignages

« Mon retour à la maison n’a pas été facile. Premièrement, le fait de quitter l’hôpital en

laissant ma puce là-bas me brisait le coeur et j’ai fondu en larmes. La veille, j’avais demandé à

mon conjoint qui était revenu à la maison pour chercher des trucs de fermer la porte de la

chambre du bébé parce que je ne voulais pas voir la pièce à mon retour. Ce qu’il a fait. J’avais

hâte et peur en même temps puisque j’étais très fragile moralement et émotivement. Me

retrouver seule à la maison était tout un défi. Les premiers mois quand mon conjoint quittait pour

le travail, moi j’allais chez ma mère et j’y restais jusqu’à ce qu’il revienne. Ce n’est que depuis la

date prévue de l’accouchement que je me suis sentie capable de rester seule chez moi. J’avais

alors décidé de passer cette journée seule avec moi et ma puce à la maison.

Pour ce qui est de la chambre, sur le coup, je voulais tout repeindre et tout changer.

Cependant, mon conjoint trouvait que la pièce était très belle et souhaitait la garder pour le futur

bébé. Comme nous gardions le sexe du bébé en surprise, la décoration était unisexe. Alors j’ai

décidé de me laisser du temps et aujourd’hui, soit trois mois et demi après, la chambre est

encore comme je l’avais arrangée et très fréquemment je vais me bercer dans la pièce. Je me

sens tellement bien, je me sens enveloppé et je me dis que j’ai très bien fait de ne pas détruire

tout ce que j’avais fait pour ma puce. Aujourd’hui, je vois une signification à tout ça. Il y aura

toujours une petite partie d’elle dans cette chambre puisqu’elle l’a en quelque sorte, fait avec

moi. » (Véronique, maman d’Anaïs décédée in utero à 35 semaines de grossesses)

« Quant à sa chambre la porte s'est fermée pendant un temps je la regardais à travers le

carreau de la porte, de loin. Je n'osais plus y entrer. Puis à la naissance de son petit frère j'ai tout

changé le mobilier, et maintenant c'est une vraie chambre de bébé. » ( Caroline, maman de

Clément, décédé à 23 semaines )

 

Le post-partum

 

Malheureusement, malgré l’absence du bébé, vous aurez à vivre avec les effets

secondaires qui accompagnent la période postnatale tels des pertes sanguines, des

contractions post-partum, des blues du post-partum et des montées de lait. Pour

certaines mamans, avoir ces symptômes les réconfortent dans leur rôle de mère. Ils

sont la preuve qu’elles ont été une maman. Pour d’autres, cela vient amplifier la tristesse

associée à la perte du bébé. Chacun réagit différemment, à sa façon. Si les montées de

lait deviennent trop inconfortables, vous pouvez mettre un sac de glace sur les seins

pendant environ 15 minutes ou mettre une feuille de chou froide. Si c’est trop

douloureux, vous pouvez également prendre de l’acétaminophène. Si jamais vos seins

présentent des zones durcies, rouges, enflées et douloureuses ou encore si vous faites

de la fièvre, consultez un médecin.

 

Témoignages

 

« La montée de lait a signifié beaucoup pour moi. Elle venait confirmer que j’étais bel et

bien devenue une mère et ce, même si je n’avais pas mon fils à la maison avec moi. Mon corps

venait me rappeler le nouveau rôle que je jouais malgré la grande tristesse qui m’habitait : celui

de maman » (Émilie, maman de Nathan décédé in utero à 34 semaines)

« Les montées de lait me faisaient très peur, car je n’avais pas de bébé à allaiter…ça m’a

rassuré qu’elles soient peu abondantes » (Mélyssa, maman de Jolyanne décédée après sa

naissance à 37 semaines)

 

 

Étapes du deuil

 

Pendant les prochains mois, vous traverserez plusieurs étapes qui font partie de la

progression du deuil. Il est important de préciser que ces étapes peuvent être franchies

dans un ordre différent et les retours en arrière sont possibles et parfois même

essentiels à votre guérison.

 

La première étape : le choc et le déni

Vous venez d’apprendre que votre bébé est décédé. Vous êtes probablement en

état de choc. Vous ne réalisez pas ce qui vous arrive. Vous avez l’impression d’être

dans un mauvais rêve, que vous allez vous réveiller. Vous refusez de croire ce qui vous

arrive. C’est le déni, un mécanisme de défense qui permet de rester en contrôle de la

situation.

 

La deuxième étape : la désorganisation

 

Cette étape est la plus difficile à franchir. Vous réalisez pleinement la perte de

votre bébé, le vide qui vous habite est intolérable et très angoissant. Vous avez peine à

réaliser les tâches habituelles. Vous êtes autant affectés psychologiquement que

physiquement. Pendant cette étape vous ressentirez différentes émotions comme la

colère, la culpabilité ou la révolte. Parfois, vous pouvez ressentir le désir d’aller rejoindre

le bébé. C’est une phase intérieure très douloureuse. À cette étape, vous avez besoin

de parler et de penser au bébé décédé, de vous le rappeler, d’être empreint de son

souvenir. Cette attitude est saine et est nécessaire, afin de vous aider à cheminer et à

apprendre à vous détacher petit à petit de ces souvenirs.

 

La troisième étape : la réorganisation

 

À cette étape, les périodes de souffrance sont moins fréquentes et moins

intenses. La vie reprend son cours tout doucement. Vous réapprenez tranquillement à

vivre sans le bébé. Malgré une fragilité émotive encore présente, vous réussissez à

penser au bébé sans pleurer et même à passer de longs moments à ne pas y penser.

Vous pouvez toutefois ressentir une certaine culpabilité face à cet « oubli » du bébé. Ne

vous en faites pas, c’est normal.

 

La quatrième étape : la réappropriation

 

Vous recommencez à élaborer des projets. Vous êtes moins émotifs, mais vous

avez conscience que la vie est bien fragile. À ce stade, vous êtes capable de prendre un

certain recul par rapport à votre deuil, de voir tout le chemin parcouru. Cependant, la

crainte de perdre encore un être cher est toujours présente et peut vous insécuriser.

 

Cinquième étape : la transformation, la guérison

 

Maintenant les souvenirs reliés au bébé ne sont plus source de souffrance. Vous

êtes maintenant capable de voir certains éléments positifs relativement à la perte de

votre bébé. Il est même possible que vos valeurs familiales se soient modifiées.

 

Durée du deuil

 

Le deuil est un processus de guérison et de réparation qui demande de l’énergie

et qui ne se fait pas en deux jours. Sa durée moyenne se situe autour d’un an.

Cependant, il n’est pas anormal de dépasser ce délai. La perte d’un enfant représente le

deuil le plus long et le plus complexe. Plusieurs facteurs peuvent en influencer sa durée

et sa résolution. Parmi les facteurs influençant, il y a le nombre de mois d’essais pour

déclencher la grossesse, la cause du décès, le déroulement de l’accouchement et le

soutien familial lors du retour à la maison. Le fait de ne pas connaître la cause du décès

peut aussi être un facteur influençant la résolution de ce dernier.

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 18:52

 

Chantal Verdon, infirmière spécialisée en deuil périnatal,

 

 

Pour que la vie continue… ce sont des mots choisis avec soin. Ces quelques mots

peuvent prendre toute leur signification quand on doit réfléchir au sens de la vie. Surtout

lorsque l’on est confronté à des épreuves aussi difficiles, voire tragiques, qu’est la mort

d’un bébé. En fait, ces quelques mots témoignent des défis auxquels vous serez

confrontés au quotidien. La mort d’un enfant au seuil de sa naissance comporte

plusieurs deuils qui seront à identifier, à décrire, à imager, à expliquer à soi-même ou à

d’autres.

 

Ce deuil s’inscrit dans votre histoire de vie à tout jamais. À cette simple pensée, bon

nombre de parents n’arrivent pas à concevoir qu’il y aura une fin à cette souffrance.
Or,
ce journal d’accompagnement *, un outil précieux, vise à vous éclairer face au tumulte

incessant des émotions qui pourront vous habiter.

 

Pour que la vie continue…constitue le thème de cet accompagnement.
Comment vivre
un deuil ?
Comment vivre le deuil d’un bébé disparu de votre vie qui en fait malgré tout
partie ?
On ne peut s’y préparer avant de vivre réellement cette situation.


Le deuil est un processus unique pour chacun. Néanmoins, plusieurs témoignages

pourront peut-être mettre des mots sur ce qui vous habite. Il se peut que par la

découverte de vos émotions et de votre vécu personnel, émergent vos propres réponses

pour vivre à travers ce deuil.

 

C’est par un souci de votre bien-être et de votre santé, que l’on vous suggère de

prendre le temps de vous arrêter sur vous-même. Vivre un deuil aussi grand, demande

des soins de qualité pour soi; telle une plaie ouverte qui génère beaucoup de douleur.

Des soins tels que du repos, du temps de qualité et un soutien par les gens qui vous

aiment; différentes façons pour prendre soin de soi. Aussi, nous vous invitons à partager

ce journal en partie ou dans son intégralité, avec les gens qui vous entourent afin que

ceux-ci puissent mieux comprendre votre réalité.

 

Je me sens très privilégiée de vous introduire cet outil de réflexions et

d’accompagnement puisque les différents messages vous sont livrés avec beaucoup de

chaleur humaine. Il encourage une prise de conscience sociale nécessaire à votre

expérience, soit de dire que ce que vous vivez présentement est important. Il vise à

vous soutenir pour que votre deuil puisse se vivre le plus sainement possible.

De tout coeur avec vous, je remercie l’auteure pour cette initiative.

* voir 2 articles intitulés Journal d'accompagnement des parents qui vivent un deuil périnatal


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